Une convention tattoo, ce n'est pas que des tatouages. La 20ème édition de la Convention Tattoo Bordeaux avait programmé des spectacles en marge des stands — et pas des spectacles anodins. Deux groupes sur scène, un public enthousiaste, et un photographe qui a dû improviser comme sur un concert. Voici ce que j'ai vécu et photographié.
Démonstration de kick boxing
Première démo de la journée : une école locale de kick boxing, avec des jeunes et des adultes qui ont investi l'espace entre les stands. Pas une vraie compétition — une démonstration, des échanges techniques, mais avec une intensité bien réelle. Le genre de truc qu'on ne voit pas souvent dans une convention tattoo, et qui pourtant s'y intégrait parfaitement.
Anarchy Circus Crew — suspension capillaire et suspente corporelle
Je savais qu'il allait y avoir des spectacles, mais je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. L'Anarchy Circus Crew m'a servi une performance comme je n'en avais encore jamais photographié en live : suspension capillaire et suspente corporelle. Des performeurs tatoués de la tête aux pieds, maquillés, suspendus par les cheveux ou par des crochets traversant la peau.
C'était ma première approche live de ce type de performance. Et je dois être honnête : on oublie très vite le côté souffrance. On reste juste émerveillé. Il y a quelque chose de magnifique et de poétique là-dedans — des corps qui défient la gravité, des visages serein malgré ce que ça implique physiquement. Le spectacle était totalement raccord avec l'univers de la convention. Ces gens étaient à leur place, humainement comme artistiquement.
Emma la tordu — contorsion et suspension aérienne
Avant Coraly, une autre performance : Emma la tordu. Contorsionniste et artiste aérienne, accompagnée sur scène par un partenaire qui gère les cordes et les sangles de suspension. Un univers de cirque — costume d'arlequin, maquillage expressif — et une maîtrise du corps qui laisse sans voix.
Coraly Corazon & Ian Freaks — fakir, perceuse, feu
L'autre groupe : Coraly Corazon et Ian Freaks. Un spectacle de fakir et de freak show — et là encore, quelque chose d'inattendu. Coraly en robe de soirée noire à paillettes, à la fois glamour et complètement décalée, qui approche une perceuse de son visage ou se fait menacer d'une tronçonneuse. Ian Freaks qui avale une épée puis crache du feu. Le tout sur la même scène que les concours de tatouages.
Photographier ça comme un concert
Je savais que des spectacles étaient prévus, mais sans en connaître le détail. Ma stratégie : les gérer comme des concerts. Mobilité, discrétion, réglages type concert — priorité ouverture large, ISO auto, vitesse minimale autour de 1/120s pour figer les mouvements sans avoir à repasser en manuel à chaque scène.
Le cracheur de feu, c'est l'impro totale. La lumière de la flamme change l'exposition en une fraction de seconde. J'ai suivi l'instinct. Et parfois ça marche.
"Ces spectacles ne détonaient pas — ils étaient totalement raccord avec l'identité de la convention. Humainement et artistiquement, ils étaient à leur place."
Un public particulièrement enthousiaste, une scène centrale dans la même salle que les stands — tout ça participait à cette cohérence de l'événement. Pas une convention tattoo avec des spectacles en plus. Une convention tattoo dont les spectacles font partie de l'ADN.
